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Niger : trois personnes inscrites au fichier FPGE, avec gel des avoirs et restrictions, les postes consulaires saisis pour exécution

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niger gel des avoirs et restrictions consulaires apres une inscription au fichier fpgeLe ministère nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur a notifié, le 9 avril 2026, aux missions diplomatiques et postes consulaires du Niger à l’étranger, une décision portant inscription de trois personnes au fichier des personnes, groupes de personnes ou entités impliqués dans les actes de terrorisme ou dans d’autres infractions graves contre les intérêts de la nation. Le document précise les mesures restrictives applicables ainsi que leurs effets, notamment sur le plan consulaire.

Le Niger a engagé une nouvelle étape dans l’exécution de son dispositif de suivi et de restriction visant certaines personnes poursuivies dans des dossiers jugés sensibles pour la sûreté de l’État et la sécurité publique. Dans une correspondance officielle datée du 9 avril 2026, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, Souleymane Issakou, a informé les chefs de missions diplomatiques et de postes consulaires du Niger à l’étranger de l’application d’une décision d’inscription au fichier FPGE.

Cette notification fait référence à la décision n° 0001/P/CNSP/FPGE du 2 avril 2026. Elle concerne, selon le document, trois personnes présentées comme étant en fuite à l’étranger : Takoubakoye Aminata Boureima, Djibo Yaya et Ouhoumoudou Mahamadou, ancien Premier ministre.

Le texte officiel détaille les motifs retenus contre chacune des personnes citées. Takoubakoye Aminata Boureima est poursuivie, selon le document, pour production et diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, diffamation et injures par un moyen de communication électronique. Djibo Yaya est, pour sa part, visé pour production et diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, diffamation, injures par un moyen de communication électronique ainsi qu’apologie du terrorisme. Quant à Ouhoumoudou Mahamadou, il est poursuivi, selon la même source, pour crime de trahison et complot contre la sûreté de l’État.

Au cœur de cette procédure figure le fichier des personnes, groupes de personnes ou entités impliqués dans les actes de terrorisme ou dans d’autres infractions portant atteinte aux intérêts stratégiques et fondamentaux de la nation, ou susceptibles de troubler gravement la tranquillité et la sécurité publiques. La notification s’appuie explicitement sur l’ordonnance n° 2024-43/P/CNSP du 27 août 2024, qui encadre ce mécanisme.

Le document rappelle qu’en vertu de l’article 8 de cette ordonnance, toute personne inscrite au FPGE est automatiquement soumise à un ensemble de mesures restrictives. Celles-ci comprennent le gel des avoirs financiers, à travers l’interdiction d’accès aux comptes bancaires, aux investissements et aux autres ressources financières. Elles incluent également l’interdiction de déplacement à l’intérieur du pays sans autorisation du Comité national, l’interdiction de voyage à l’étranger ainsi que des restrictions sur les transactions commerciales. Sur ce dernier point, les entreprises et les individus ont l’obligation de signaler au Comité national toute interaction avec les personnes ou entités concernées.

La portée administrative et diplomatique de cette inscription est également précisée. En se fondant sur les articles 13 et 14 du décret n° 2024-561/P/CNSP du 12 septembre 2024, la correspondance souligne que la décision d’inscription ou de retrait doit être notifiée aux structures chargées de son exécution, lesquelles sont tenues de l’appliquer sous peine de sanctions disciplinaires, sans préjudice d’éventuelles poursuites pénales.

Le ministère demande ainsi aux représentations diplomatiques et consulaires du Niger à l’étranger de prendre les dispositions nécessaires pour assurer l’exécution effective de la décision. L’un des effets majeurs mentionnés dans la lettre concerne la protection consulaire : les personnes inscrites ne peuvent prétendre à l’assistance ni à la protection consulaire à l’étranger.

Au-delà de la dimension juridique, cette notification traduit un durcissement assumé dans la mise en œuvre des instruments administratifs et sécuritaires adoptés par les autorités nigériennes depuis la refonte de leur arsenal normatif en matière de lutte contre le terrorisme, d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et de maintien de l’ordre public. Elle illustre aussi l’extension de cette politique au champ diplomatique, les missions à l’étranger étant directement appelées à relayer et à appliquer les effets de la décision.

Cette séquence marque un tournant important dans l’articulation entre justice, sécurité, diplomatie et protection consulaire. Elle montre que les autorités nigériennes entendent désormais faire produire à certaines décisions nationales des effets concrets au-delà du territoire, en mobilisant pleinement leur réseau diplomatique et consulaire.

Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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