Niger : toutes les décisions du Conseil des ministres du 21 août 2026

Réuni le vendredi 21 août 2026 sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a examiné et adopté plusieurs projets de textes relatifs aux mines, aux finances publiques, à l’environnement, à la recherche, à l’enseignement supérieur et au secteur postal. Le gouvernement a également examiné des communications concernant les résultats scolaires, la construction de salles de classe et l’équipement solaire de structures sanitaires.
Deux permis de grande exploitation d’uranium concernés à Arlit
Dans le secteur minier, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret attribuant à la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA) un permis de grande exploitation minière d’uranium situé dans la commune d’Arlit, département d’Arlit, région d’Agadez.
Dénommé « In Azaoua », ce permis porte sur le périmètre précédemment exploité par la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR). Selon le communiqué du Conseil des ministres, TSUMCO SA a été créée en lieu et place de la SOMAÏR après la nationalisation de cette dernière. Son texte de création prévoyait la poursuite des travaux sur l’ancien périmètre de la SOMAÏR, dans l’attente de l’attribution d’un permis de grande exploitation minière. Le projet de décret adopté consacre cette attribution afin de permettre la continuité de l’exploitation d’uranium.
Le Conseil a également adopté un projet de décret portant réattribution du permis de grande exploitation minière d’uranium « Madaquela I » à la société Madaquela Mining Company (MAMICO). Ce permis, situé dans la commune urbaine d’Arlit, avait fait retour au domaine public de l’État par le décret du 31 juillet 2024.
La réattribution prévoit le paiement à l’État d’une redevance initiale forfaitaire de 10 millions de dollars américains. La société doit aussi contribuer au renforcement des capacités des agents de l’administration des Mines et au développement local des collectivités touchées par le projet.
MAMICO s’est par ailleurs engagée à respecter les dispositions relatives au contenu local dans le secteur minier. Le communiqué mentionne la création d’environ 1 000 emplois au profit des jeunes Nigériens ainsi que la priorité accordée aux entreprises locales pour les prestations de services et la fourniture de biens pendant la durée du projet.
Création de l’Agence nationale des parcs et réserves
Au titre du ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Conseil a adopté deux projets de décrets portant respectivement création et approbation des statuts de l’Agence nationale des parcs et réserves (ANPR).
Cette agence sera constituée sous la forme d’un établissement public à caractère administratif. Sa création vise à renforcer la gestion du réseau national des aires protégées.
Selon les données communiquées par le gouvernement, les aires protégées du Niger couvrent environ 20,87 millions d’hectares, soit 16,47 % du territoire national. Elles interviennent dans la conservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, le développement du tourisme et l’amélioration des moyens de subsistance des populations locales.
La création de l’ANPR doit également permettre au Niger d’adhérer à un mécanisme régional de financement durable de la conservation dans la sous-région et dans le complexe W-Arly-Pendjari.
Un nouveau cadre pour la recherche et l’innovation
Le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance déterminant les principes fondamentaux de la recherche et de l’innovation technologique.
Le texte définit les missions et l’organisation de la recherche, ainsi que les relations entre les universités, les instituts spécialisés, les centres de recherche et les autres acteurs du secteur. Il doit établir un cadre juridique commun, fixer les grandes priorités nationales de recherche et favoriser la valorisation des résultats au profit du développement économique et social du Niger.
Le projet d’ordonnance prévoit également un mécanisme de financement pérenne fondé sur les engagements de l’État en faveur de la recherche.
Le gouvernement a, par ailleurs, adopté deux projets de décrets relatifs à la création et aux statuts de l’École des mines, de l’industrie et de la géologie (EMIG). Deux autres projets concernent la création et les statuts de l’Agence nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche (ANAQ-Sup).
Ces textes visent à mettre l’organisation et le fonctionnement des deux établissements en conformité avec la législation régissant les établissements publics.
Le budget 2026 porté à 2 980,54 milliards de francs CFA
Dans le domaine des finances publiques, le Conseil a adopté un projet d’ordonnance portant première rectification de la loi de finances pour l’année 2026.
Le budget général de l’État avait initialement été fixé à 2 922,22 milliards de francs CFA, en recettes comme en dépenses. Après révision, il s’établit à 2 980,54 milliards de francs CFA, soit une augmentation de 58,32 milliards de francs CFA, correspondant à une hausse de 2 %.
Selon le communiqué, cette rectification doit prendre en compte plusieurs évolutions : la nouvelle configuration du gouvernement, les besoins budgétaires supplémentaires des Forces de défense et de sécurité, la hausse du cours du pétrole brut liée à la crise au Moyen-Orient, ainsi que la suppression de certains services rattachés à la Présidence de la République, au Cabinet du Premier ministre et au Secrétariat général du gouvernement.
La révision intègre également la nouvelle tutelle technique de certains projets de développement, la simplification du dispositif fiscal destinée à accélérer la relance économique et le développement du secteur aurifère, ainsi que les besoins supplémentaires de certaines structures de l’État.
Le Conseil a aussi adopté un projet de décret relatif à la gestion de la retraite parlementaire. Celui-ci prévoit le transfert de la gestion administrative et financière de cette pension au ministère chargé des Finances, pour des raisons d’efficacité et de traçabilité. Cette mesure doit entraîner la dissolution de la Caisse autonome de retraite parlementaire (CARPA).
De nouvelles règles pour les activités postales
Au titre du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, le Conseil a adopté un projet de décret précisant les modalités d’application de la législation sur le régime de la poste au Niger.
Le texte porte notamment sur le contenu du service postal universel et des services financiers postaux, la désignation de l’opérateur chargé du service universel, la distinction entre les services réservés et non réservés, ainsi que les régimes de concession, de licence et de déclaration.
Il doit aussi déterminer les conditions d’exercice des services postaux non réservés, les droits d’entrée et de renouvellement selon les catégories de licences, le taux de la redevance annuelle et la répartition des ressources du fonds de compensation entre l’autorité de régulation et l’opérateur désigné.
Un second projet de décret abroge le décret du 4 janvier 2024 qui fixait le tarif minimum de terminaison des appels internationaux à destination du Niger et les modalités de rémunération des opérateurs. Cette abrogation intervient après la suppression, par la loi de finances 2026, de la taxe applicable à la terminaison du trafic international entrant.
Résultats des examens et construction de salles de classe
La ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues a présenté les résultats des examens de fin d’année scolaire 2025-2026.
Le taux de réussite annoncé est de 78,96 % au CEPE/FA et de 66,41 % au CFEPD. Le communiqué fait également état d’une moyenne annuelle nationale de 67,46 %, en progression de 12,81 points par rapport à l’année scolaire 2024-2025.
Le BEPC a enregistré un taux de réussite de 46,05 %, contre 46,08 % en 2025. Le taux de réussite au Diplôme d’aptitude pour la formation en alphabétisation et éducation non formelle (DAFAENF) s’établit à 97,11 %.
Une seconde communication a porté sur la construction annoncée de 2 000 salles de classe et ouvrages connexes dans les régions de Zinder, Maradi, Tahoua et Dosso, ainsi qu’à Niamey. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du financement additionnel du Projet Niger LIRE.
Les lots présentés au titre de la première phase concernent 225 salles de classe à Zinder, réparties en dix lots, et 105 salles à Maradi, réparties en quatre lots. À Dosso, la première et la deuxième tranche totalisent 357 salles de classe, réparties en 17 lots.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a enfin présenté une communication relative à l’acquisition et à l’installation de kits solaires au profit de six structures sanitaires.
Les communications relatives aux salles de classe et aux kits solaires ont été présentées préalablement au Conseil des ministres conformément aux règles applicables aux marchés publics d’un montant égal ou supérieur à 300 millions de francs CFA hors taxes.
Source : Communiqué du Conseil des ministres du 21 août 2026, signé par Mahamane Roufai Laouali, Secrétaire général du Gouvernement.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

