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Niger - Chine : de nouveaux accords pétroliers pour renforcer les intérêts économiques du Niger

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Le Niger et la Chine ouvrent une nouvelle phase de leur coopération pétrolière. À Niamey, le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé la signature de plusieurs protocoles d’accord dans le secteur des hydrocarbures, présentés par les autorités nigériennes comme une étape stratégique destinée à renforcer les intérêts économiques du pays dans l’exploitation pétrolière.

Au cœur de ces nouveaux engagements figure la révision de plusieurs mécanismes financiers jugés défavorables au Niger. Les autorités annoncent notamment une réduction importante des coûts de transport du pétrole brut via le pipeline d’exportation, avec un tarif ramené de 27 à 15 dollars par baril. Cette mesure devrait permettre au Niger d’économiser plus de 100 millions de dollars par an, selon les estimations officielles.

Les négociations ont également permis d’obtenir une avancée majeure concernant la participation de l’État nigérien dans la société West African Oil Pipeline Company. Le gouvernement affirme qu’un accord de principe prévoit désormais une participation de 45 % du Niger dans cette infrastructure stratégique liée à l’exportation du pétrole brut.

Au-delà des enjeux financiers, les nouveaux accords mettent fortement l’accent sur le contenu local et l’emploi national. Plusieurs centaines de postes supplémentaires devraient être créés pour les Nigériens d’ici 2030, avec une hausse progressive de la nigérisation dans les sociétés pétrolières opérant dans le pays. Les autorités souhaitent ainsi renforcer les compétences nationales et accroître la présence des cadres nigériens dans les secteurs stratégiques de l’industrie pétrolière.

Le partenariat prévoit également la relance de plusieurs projets pétroliers majeurs, notamment Dinga Deep et Abolo-Yogou, pour un investissement annoncé d’environ un milliard de dollars. À terme, le gouvernement ambitionne de porter la production pétrolière nationale de 110 000 à 145 000 barils par jour d’ici 2029.

Les discussions ont aussi porté sur le potentiel gazier du Niger. Une étude de faisabilité devrait être lancée dans les prochains mois afin d’évaluer les possibilités de production de gaz domestique, d’électricité et d’engrais à partir des importantes réserves gazières du pays.

À travers ces nouveaux accords, les autorités nigériennes cherchent à redéfinir progressivement les équilibres économiques du partenariat énergétique avec la Chine, dans un contexte où la maîtrise des ressources stratégiques et la maximisation des retombées nationales occupent désormais une place centrale dans la politique économique du Niger.

Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)