Niger : 235 unités industrielles en activité, le gouvernement accélère la transformation locale

Le Niger poursuit sa stratégie de renforcement de son appareil productif avec l'ambition de transformer davantage ses ressources sur le territoire national. Devant les membres du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), le ministre du Commerce et de l'Industrie, Abdoulaye Saidou, a présenté un bilan de son département, mettant en avant les progrès réalisés dans l'industrie, le commerce et la promotion des produits locaux, tout en détaillant les grandes orientations de la politique économique à l'horizon 2036.
Un tissu industriel en progression
Selon les chiffres communiqués par le ministre, le Niger compte désormais 235 unités industrielles fonctionnelles, représentant 465,67 milliards de FCFA d'investissements et 6 286 emplois prévisionnels. Parmi elles, 49 nouvelles unités ont été créées entre avril 2025 et avril 2026.
Le ministre a également souligné le dynamisme entrepreneurial observé ces derniers mois, avec 8 353 nouvelles entreprises enregistrées en 2025, contre 5 967 l'année précédente, soit une progression de près de 40 %. Il a toutefois rappelé que 34 unités industrielles demeurent à l'arrêt, leur réhabilitation étant considérée comme une priorité des autorités.
Soutien aux marchés et contrôle économique
Sur le volet commercial, le gouvernement affirme avoir mobilisé 70,92 milliards de FCFA afin de maintenir l'approvisionnement du pays en hydrocarbures tout en limitant l'impact sur les consommateurs grâce au maintien des prix homologués du gaz domestique, de l'essence et du gasoil.
Le ministre a également mis en avant le renforcement des contrôles économiques avec plus de 5 400 opérations d'inspection réalisées sur les marchés ainsi que plusieurs enquêtes sectorielles visant notamment les secteurs bancaire, des télécommunications, des transports, des pharmacies et des stations-service.
Concernant les difficultés d'approvisionnement en gasoil observées dans plusieurs régions, il a indiqué que les investigations menées ont permis de détecter des pratiques frauduleuses liées à la dissimulation de stocks ou à de fausses déclarations de pénurie. Selon lui, la situation est désormais globalement sous contrôle, même si les enquêtes se poursuivent.
La transformation locale au cœur de la stratégie
Au-delà du bilan, Abdoulaye Saidou a insisté sur la volonté des autorités de faire de la transformation locale le principal levier de la souveraineté économique. Pour le ministre, exporter des matières premières sans les transformer revient à céder à l'extérieur la valeur ajoutée, les emplois et les revenus qu'elles peuvent générer.
Plusieurs projets industriels sont ainsi envisagés, notamment une unité de transformation de l'oignon Violet de Galmi à Tahoua, une filière de valorisation de la gomme arabique dans les régions de Diffa, Zinder et Tahoua, ainsi qu'une huilerie destinée à transformer le sésame et le souchet, deux produits à fort potentiel d'exportation.
Le « Made in Niger » comme moteur de l'industrialisation
Le ministère entend parallèlement renforcer la consommation des produits nationaux grâce à une politique volontariste de promotion du Made in Niger. Cette stratégie s'appuie notamment sur les marchés publics, la commande institutionnelle et des réformes favorisant les achats de produits fabriqués localement.
Dans cette perspective, la création d'une Agence nationale de promotion des achats et de la consommation des produits locaux (ANPA/PL) est actuellement en préparation afin de structurer davantage cette politique.
Une vision économique à l'horizon 2036
Le ministre a enfin présenté la vision industrielle et commerciale du Niger à l'horizon 2036. Celle-ci repose sur trois grands piliers : renforcer la gouvernance du secteur industriel, développer les chaînes de valeur locales en valorisant les ressources agricoles, minières et pétrolières, et améliorer la compétitivité des entreprises grâce à un meilleur accès à l'énergie, au financement et aux marchés de l'AES, de l'UEMOA et de la ZLECAf.
Selon Abdoulaye Saidou, cette stratégie vise à bâtir une économie plus résiliente, créatrice d'emplois et davantage fondée sur la transformation des richesses nationales plutôt que sur l'exportation de matières premières brutes.
Avec l'ANP.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

