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Infrastructures scolaires au Niger : vers une réforme rigoureuse du suivi et des marchés publics

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infrastructures scolaires au niger vers une reforme rigoureuse du suivi et des marches publics
À Niamey, le secteur de l’éducation est engagé dans une phase décisive. Sous l’impulsion de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues, Elisabeth Sherif, une réunion stratégique a été consacrée au diagnostic opérationnel 2025 des infrastructures scolaires.
Aux côtés du gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, les autorités ont posé un constat sans complaisance : retards d’exécution, conventions prolongées et persistance des classes en paillote constituent encore des fragilités majeures du système éducatif nigérien.

Un diagnostic 2025 marqué par des retards structurels
Le diagnostic présenté lors de cette rencontre met en lumière une hétérogénéité préoccupante dans l’avancement des chantiers de construction de salles de classe. Certaines infrastructures progressent normalement, tandis que d’autres accusent des retards significatifs, parfois liés à des défaillances des entreprises attributaires des marchés.
Selon Mounkaila Djibo Abdou, directeur général de l’ANFICT, des marchés ont été attribués à des prestataires ne disposant pas des capacités techniques et financières suffisantes pour honorer leurs engagements. Résultat : des délais dépassés et un risque réel de perte de financements, notamment ceux relatifs à la convention 2022, dont la clôture approche à échéance.
Au 31 mars, les fonds non exécutés deviendraient caducs, privant l’État et le secteur éducatif de ressources indispensables. Un enjeu budgétaire majeur dans un contexte où les besoins en salles de classe restent pressants.

Les classes en paillote : une vulnérabilité inadmissible
La problématique des classes en paillote demeure au cœur des préoccupations. Ces structures précaires exposent élèves et enseignants aux intempéries et traduisent un déficit d’infrastructures incompatible avec l’ambition de transformation éducative portée par les autorités.
Pour la ministre Elisabeth Sherif, l’accélération de la finalisation des classes en paillote constitue une priorité absolue. Elle a dénoncé la lenteur dans la signature et la mise en œuvre des conventions, ainsi que la multiplication des avenants qui freinent l’efficacité de l’action publique.
L’objectif affiché est clair : signer les conventions dans les délais, exécuter les marchés sans retard et livrer des infrastructures durables au bénéfice des élèves.

Vers une contractualisation plus rigoureuse
Face aux défaillances observées, les autorités envisagent un durcissement des conditions de contractualisation. L’introduction de pénalités de retard dissuasives et un renforcement du contrôle technique sont à l’étude afin d’éviter la répétition des erreurs passées.
Le suivi-évaluation devrait évoluer vers une inspection technique plus proactive, garantissant le respect strict des cahiers des charges. Cette réforme vise à responsabiliser les entreprises et à sécuriser l’investissement public.
Du côté des administrateurs délégués et du gouvernorat, l’engagement a été pris de lever les obstacles administratifs afin que la convention 2022 soit clôturée dans les délais et qu’aucune responsabilité institutionnelle ne puisse être mise en cause.

Réformes structurelles et modernisation du pilotage éducatif
Au terme des travaux, plusieurs recommandations stratégiques ont été formulées pour inscrire ces mesures dans la durée :
L’institutionnalisation d’un audit trimestriel de performance des établissements scolaires afin d’assurer un contrôle régulier des infrastructures et de la qualité du service éducatif.
L’accélération et la digitalisation de la carte scolaire pour mieux planifier les besoins en salles de classe et anticiper la pression démographique.
Le renforcement des inspections pour garantir la discipline et la stabilité dans les complexes éducatifs.
La création d’un fonds régional de maintenance destiné à prévenir la dégradation précoce des bâtiments scolaires.
Ces orientations s’inscrivent dans la dynamique des réformes sociales impulsées par le Président de la République, Abdourahamane Tiani, notamment dans l’axe consacré à l’accélération des transformations du secteur éducatif.

Un tournant pour l’école nigérienne
Au-delà des aspects techniques et budgétaires, cette réunion marque un tournant dans la gouvernance du secteur éducatif. L’enjeu n’est pas seulement de construire des salles de classe, mais de restaurer la crédibilité de la planification publique et de garantir aux enfants nigériens un environnement d’apprentissage digne et sécurisé.

La clôture réussie de la convention 2022 et l’éradication progressive des classes en paillote seront des tests majeurs de la capacité du système à traduire les engagements politiques en résultats concrets sur le terrain.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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