Frontière Niger-Bénin : pourquoi la réouverture devra encore attendre
Près de trois ans après la fermeture de la frontière entre le Niger et le Bénin, l'espoir d'une reprise prochaine de la circulation demeure, mais aucune échéance n'a encore été fixée. Dans sa grande interview accordée à la RTN à l'occasion du troisième anniversaire du CNSP, le président de la République, le général Abdourahamane Tiani, a apporté de nouvelles précisions sur l'évolution de ce dossier particulièrement attendu par les populations des deux pays.
Une volonté affichée de normaliser les relations
Le chef de l'État a confirmé que les discussions engagées avec les nouvelles autorités béninoises se poursuivent dans un climat qu'il juge constructif. Il a salué la visite du président béninois et rappelé que les deux pays ont mis en place un comité mixte chargé d'examiner les conditions d'une réouverture de la frontière.
Selon lui, les travaux de cette commission ont permis de formuler des propositions qui servent désormais de base aux échanges entre les deux gouvernements.
Pas de calendrier annoncé
Malgré ces avancées, le président Tiani n'a donné aucune date concernant la réouverture des postes frontaliers.
Pour les autorités nigériennes, il ne s'agit pas simplement de lever une mesure administrative, mais de construire un cadre durable garantissant que les échanges entre les deux peuples ne puissent plus être interrompus au gré des crises politiques ou des décisions d'un gouvernement.
Tirer les leçons de la crise de 2023
Le président nigérien est revenu sur le contexte ayant conduit à la fermeture de la frontière après les sanctions décidées par la CEDEAO à la suite des événements du 26 juillet 2023.
Selon lui, cette période a montré la nécessité de mieux protéger les intérêts des populations vivant de part et d'autre de la frontière. Il estime que les liens historiques, économiques et familiaux entre les habitants du Niger et du Bénin doivent primer sur les considérations politiques conjoncturelles.
Une frontière au service des populations
Le chef de l'État a insisté sur un principe qu'il considère comme essentiel : faire en sorte que cette frontière appartienne avant tout aux peuples.
Dans cette perspective, les mécanismes actuellement étudiés viseraient à empêcher qu'une future crise diplomatique puisse entraîner une nouvelle fermeture brutale, avec les conséquences économiques et sociales observées depuis près de trois ans.
Des préalables encore à finaliser
Le président Abdourahamane Tiani affirme que les deux parties affichent leur disponibilité pour parvenir à une solution. Toutefois, plusieurs préalables restent, selon lui, à être réglés avant toute décision définitive.
Il estime que ces garanties permettront de consolider durablement les relations bilatérales et d'éviter que les populations ne soient de nouveau pénalisées par des tensions politiques.
Une attente toujours forte
Dans les régions frontalières du Niger et du Bénin, la réouverture des postes-frontières demeure très attendue. Commerçants, transporteurs, agriculteurs et familles vivant de part et d'autre de la frontière espèrent une reprise des échanges.
Si les discussions semblent progresser, les autorités nigériennes privilégient manifestement une solution présentée comme durable plutôt qu'une réouverture rapide qui pourrait être remise en cause à l'avenir.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

