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Énergie : le Niger engage une réforme stratégique pour réduire sa dépendance et élargir l’accès à l’électricité

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Le Niger entend faire de l’énergie l’un des principaux leviers de sa souveraineté économique. Devant la plénière du Conseil consultatif de la refondation, le 22 juillet 2026, la ministre de l’Énergie, Pr Amadou Haoua, a présenté les orientations d’une réforme destinée à renforcer la production nationale, moderniser la gouvernance du secteur et réduire les fortes inégalités d’accès à l’électricité.

Cette transformation doit notamment s’appuyer sur la future Politique nationale de l’énergie 2026-2035. Plus large que le Document de politique nationale de l’électricité adopté en 2018, elle intégrera l’ensemble des ressources et des usages énergétiques, notamment l’électricité, la cuisson propre, les hydrocarbures, les énergies renouvelables et, à terme, le nucléaire civil.

L’enjeu est considérable. En 2024, le taux national d’accès à l’électricité ne dépassait pas 21,9 %, avec une couverture de 81,93 % en milieu urbain, contre seulement 3,4 % dans les zones rurales. Cette fracture demeure l’un des principaux obstacles au développement économique et social, malgré un potentiel national important dans les domaines du solaire, de l’hydroélectricité, du charbon, du pétrole, du gaz, de l’éolien et de l’uranium.

Pour combler ce retard, le gouvernement prévoit de combiner l’extension du réseau de la NIGELEC, la création de mini-réseaux et la diffusion de solutions solaires individuelles. L’objectif affiché est de porter le taux d’accès à l’électricité à au moins 80 % d’ici 2035. À plus court terme, 6 780 kilomètres de lignes de distribution, 76 mini-réseaux et 200 000 kits solaires subventionnés sont notamment annoncés.

La réforme repose également sur le nouveau Code de l’électricité adopté en avril 2026. Celui-ci doit clarifier les responsabilités institutionnelles, mieux encadrer l’électrification rurale décentralisée, faciliter les investissements privés et intégrer des mécanismes relatifs au contenu local. Un fonds de souveraineté énergétique nationale est également envisagé pour soutenir le financement des infrastructures.

Le Niger dispose actuellement d’une capacité installée annoncée de 420 MW, mais seulement 294 MW seraient effectivement disponibles. Le système reste en outre fragmenté en plusieurs zones électriques encore insuffisamment interconnectées et continue de dépendre des importations, particulièrement dans les régions du Fleuve et du Niger Centre-Est.

Pour inverser cette tendance, les autorités misent sur plusieurs projets structurants : le volet énergétique du barrage de Kandadji, le complexe de Salkadamna, les centrales solaires de Gorou Banda, Bangoula, Diffa, Maradi et Dosso, le parc éolien de la Tarka ainsi que le renforcement de la SONICHAR. Des lignes à haute tension doivent parallèlement relier les principales zones de production et de consommation afin de constituer progressivement un réseau national plus intégré.

Au-delà de l’augmentation des capacités, la réussite de cette politique dépendra toutefois de la mobilisation des financements, de la viabilité économique des opérateurs et de la capacité de l’État à traduire les projets annoncés en infrastructures opérationnelles. Pour le Niger, la souveraineté énergétique ne se mesurera donc pas seulement en mégawatts installés, mais aussi en électricité effectivement disponible, accessible et abordable pour les ménages comme pour les entreprises.
Boubacar GUEDE (Nigerdiaspora)

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