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Burkina Faso-Mali-Niger : un groupuscule d’opposants réclame la démocratie au Sahel depuis Bruxelles

burkina faso mali niger un groupuscule dopposants reclame la democratie au sahel depuis bruxellesÀ Bruxelles, où une partie marginale de la diaspora sahélienne tente de structurer une opposition politique aux régimes militaires du Sahel, le lancement officiel de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS) continue de susciter de vives réactions dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le 9 mai 2026, lors d’une rencontre organisée dans la capitale belge, la présidente de l’ADS, Dr Mayra Djibrine, a prononcé un discours offensif dénonçant les autorités militaires du Niger, du Mali et du Burkina Faso.
Dans un extrait largement relayé sur les réseaux sociaux, elle affirme notamment :
« Ils vous diront […] que nous sommes instrumentalisés. Manipulés. À la solde d’une quelconque puissance. »
Avant d’ajouter :
« Libres nous sommes […] Libre sera le Président Mohamed Bazoum. Libre sera le Sahel. »
Une opposition née en Europe face aux régimes de l’AES
Créée à Bruxelles par quelques opposants, des acteurs de la société civile et des personnalités vivant en exil, l’Alliance des Démocrates du Sahel se présente comme une plateforme transnationale réclamant le retour à la démocratie au Niger, au Mali et au Burkina Faso.
Le mouvement est dirigé par la Nigérienne Mayra Djibrine, tandis que le Malien Malick Konaté assure le secrétariat général. L’ADS affirme vouloir défendre les libertés publiques, obtenir la libération des prisonniers politiques et pousser les autorités militaires à organiser des élections.
Mais dans les trois pays de l’AES, cette initiative est perçue très différemment.
Au Niger, au Mali et au Burkina Faso, les autorités de transition ainsi qu’une large partie des mouvements souverainistes considèrent ce type d’organisation comme une tentative vouée à l’échec de remise en cause des dynamiques politiques engagées depuis les changements de pouvoir militaires intervenus entre 2020 et 2023.
Depuis plusieurs mois, les dirigeants de l’AES défendent une ligne politique fondée sur la souveraineté, la rupture avec certaines influences étrangères et la lutte contre les ingérences extérieures. Cette orientation bénéficie d’un important soutien populaire dans plusieurs segments de la population sahélienne.

Bazoum, démocratie et souveraineté : les lignes de fracture
La référence explicite à l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum constitue l’un des points les plus sensibles du discours de l’ADS.
Pour les soutiens des régimes sahéliens, l’affaire Bazoum relève désormais d’un dossier judiciaire et sécuritaire interne au Niger. Les autorités nigériennes ont régulièrement rejeté les appels internationaux demandant sa libération, estimant que ces pressions constituent une atteinte à la souveraineté nationale.

À Niamey, Bamako et Ouagadougou, le discours dominant insiste désormais sur la nécessité de reconstruire des États forts avant toute transition électorale classique. Les autorités en place affirment que la priorité reste la sécurité, la reconquête territoriale et la refondation institutionnelle.
Au-delà du discours de Bruxelles, l’émergence de l’ADS apparaît, pour de nombreux observateurs proches des régimes sahéliens, comme un coup d’épée dans l’eau face à la dynamique souverainiste actuellement portée par les autorités de l’AES et soutenue par une très grande partie de la population du Sahel.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)