Accéder au contenu principal

AES : le Niger veut une plateforme commune de régulation des médias avec le Mali et le Burkina Faso

aes le niger veut une plateforme commune de regulation des medias avec le mali et le burkina faso
Le Niger poursuit son offensive diplomatique et institutionnelle sur le terrain de la souveraineté informationnelle. Reçu ce vendredi 8 mai 2026 par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, le président de l’Observatoire National de la Communication (ONC), Ibrahim Manzo Diallo, est venu présenter les conclusions d’une tournée de plaidoyer menée dans les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Cette mission, effectuée du 11 au 22 mai dans l’espace AES, s’inscrit dans une dynamique de coordination entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso autour des enjeux de régulation des médias et de gouvernance de l’information.

Une plateforme commune face aux enjeux informationnels
À travers cette initiative, les autorités nigériennes ambitionnent de construire une plateforme commune des régulateurs de l’espace AES afin de renforcer la coopération entre les institutions chargées des médias et de la communication.

Selon Ibrahim Manzo Diallo, cette démarche vise notamment à harmoniser progressivement les textes réglementaires entre les trois pays tout en développant une réponse concertée face à ce que les responsables qualifient de « guerre communicationnelle ».

Dans le contexte actuel marqué par de fortes tensions géopolitiques et informationnelles au Sahel, la maîtrise des espaces médiatiques devient désormais un enjeu stratégique au même titre que les questions sécuritaires ou économiques.

Cette orientation traduit également une volonté croissante des pays de l’AES de construire des instruments communs capables d’accompagner leur projet de souveraineté régionale.

Une régulation pensée comme outil de souveraineté
Au-delà de la simple coordination administrative, le projet porté par l’ONC révèle une évolution profonde de la conception de la régulation médiatique dans l’espace sahélien.

Les autorités veulent désormais faire du contrôle des flux informationnels, de la protection des narratifs nationaux et de l’encadrement des pratiques médiatiques un levier de stabilité politique et de cohésion régionale.

Selon les responsables de l’ONC, la future plateforme pourrait également contribuer à améliorer les conditions de travail des journalistes à travers une meilleure coopération institutionnelle entre les organes de régulation des trois États membres.

Le président de l’ONC a indiqué que cette initiative nigérienne a été favorablement accueillie par les autorités maliennes et burkinabè, qui y voient un outil stratégique dans le processus d’intégration politique et institutionnelle de l’AES.

Les défis internes de l’ONC toujours présents
Profitant de cette audience, Ibrahim Manzo Diallo a également exposé au Premier ministre les difficultés auxquelles l’Observatoire National de la Communication fait face depuis sa mise en place en septembre dernier.

L’institution, appelée à jouer un rôle central dans le paysage médiatique nigérien, doit encore composer avec plusieurs contraintes organisationnelles et opérationnelles dans un environnement où les enjeux liés à l’information prennent une ampleur grandissante.

Selon le président de l’ONC, le Premier ministre s’est montré attentif aux préoccupations exprimées et aurait promis de soutenir la recherche de solutions rapides afin de permettre à l’institution d’assurer pleinement ses missions.

À travers cette séquence diplomatique et institutionnelle, le Niger confirme ainsi sa volonté de placer la souveraineté informationnelle au cœur de la refondation politique engagée au sein de l’AES.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)