Niger : l’éruption du puits Goumeri W-8 « partiellement contenue, mais pas totalement maîtrisée »

Depuis le 25 septembre, le puits Goumeri W-8, sur le bloc pétrolier d’Agadem dans la région de Diffa, projette pétrole brut et gaz dans la nature. Dans un communiqué daté du 12 octobre, lu par son secrétaire général, Abdoulkarim Mohamed Ali, le ministère du Pétrole fait le point sur un incident qu’il qualifie lui-même de « gravité exceptionnelle », écarte la piste criminelle ou terroriste et annonce une enquête indépendante avec l’appui de l’expertise algérienne.
Des projections à plus de 10 mètres de hauteur
L’incident s’est produit le 25 septembre 2026 au niveau du puits Goumeri W-8, exploité par la société CNPC Niger Petroleum SA. Il se caractérise, selon le ministère, par la projection d’importantes quantités de pétrole brut et de gaz à plus de 10 mètres de hauteur.
Plus de deux semaines plus tard, la situation n’est toujours pas réglée. Le communiqué est sans ambiguïté :
« Au 12 octobre 2026, la situation est partiellement contenue, mais pas totalement maîtrisée. »
La plateforme concernée, que Goumeri W-8 partage avec les puits Goumeri W-3 et Goumeri W-4, est fortement dégradée, et l’intégrité de ces deux puits voisins est compromise.
Deux employés hospitalisés, aucune piste criminelle
Aucune perte en vie humaine n’est déplorée à ce jour. Deux employés exposés le premier jour de l’incident ont été hospitalisés et pris en charge.
Les causes de l’éruption ne sont pas encore totalement établies. Mais selon les premières constatations, la piste criminelle ou terroriste est à écarter, précise le ministère.
Une enquête indépendante avec l’expertise algérienne
Dès les premières heures, une mission permanente du ministère du Pétrole a été déployée sur le site. Elle suit les opérations et rend compte quotidiennement de l’évolution de la situation.
Le gouvernement a par ailleurs pris des mesures conservatoires et de contrôle à l’égard de l’opérateur. Il a mis en place un dispositif d’enquête indépendant sur les causes et les responsabilités, avec le concours de l’expertise algérienne, ainsi qu’une coordination d’ensemble de la réponse de l’État. Le ministère se veut ferme sur ce point :
« Toutes les responsabilités seront établies et assumées et l’intégralité des dommages pris en charge conformément aux textes en vigueur. »
Digues, tranchées et bassins pour contenir le brut
Sur le terrain, des équipes spécialisées sont mobilisées jour et nuit pour sécuriser le site, contenir le pétrole déversé et reprendre le contrôle du puits. Le brut est retenu par des digues, des tranchées et des bassins, puis récupéré et acheminé vers la station de traitement de Goumeri.
Restrictions d’accès, surveillance permanente des gaz et prévention de tout incendie sont strictement appliquées. La priorité absolue, souligne le communiqué, demeure la protection des personnes, la prévention de tout incendie, la limitation des dommages environnementaux, la sécurisation des puits voisins et l’arrêt définitif de l’éruption.
Les riverains appelés à respecter le périmètre de sécurité
Le ministère invite les populations riveraines à respecter strictement le périmètre de sécurité établi autour du site. Il assure que l’incident reste circonscrit à la plateforme des puits Goumeri W-8, W-3 et W-4, et s’engage à tenir l’opinion publique régulièrement informée de l’évolution de la situation, « en toute transparence ».
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

