Produits importés au Niger : de nouveaux contrôles de conformité lancés à Niamey dès le 1er août

Le Niger lance, à compter du 1er août 2026, une phase pilote d’inspection et de vérification de la conformité des produits importés. Déployé dans trois bureaux de douane de Niamey avant son extension au reste du pays, le programme vise à mieux protéger les consommateurs et à limiter l’entrée de marchandises dangereuses, contrefaites ou de qualité insuffisante.
Le dispositif sera d’abord expérimenté aux bureaux de douane de Niamey Routes, de Niamey Rive droite et de l’aéroport international Diori Hamani. Son lancement a été annoncé le 30 juillet par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, lors d’une rencontre organisée à la Chambre de commerce et d’industrie du Niger.
Opérateurs économiques, importateurs, distributeurs, jeunes entrepreneurs et représentants des consommateurs ont été conviés à cette séance de sensibilisation. L’objectif était de présenter les nouvelles procédures et de préparer les acteurs concernés à leur entrée en application.
Des produits sensibles placés sous surveillance
Le programme couvre plusieurs catégories de marchandises dont la qualité peut avoir des conséquences directes sur la santé ou la sécurité de la population. Sont notamment concernés les produits alimentaires, les denrées destinées aux nourrissons, les médicaments, les produits chimiques et cosmétiques ainsi que les textiles.
Les matériaux de construction, dont le ciment et le fer à béton, figurent également parmi les produits visés, tout comme les équipements électriques, électroniques et électrotechniques.
Les contrôles devront permettre de vérifier que ces marchandises respectent les normes et les règlements applicables au Niger avant leur mise sur le marché. Le gouvernement entend ainsi réduire l’exposition des consommateurs aux produits dangereux, contrefaits ou impropres à l’usage auquel ils sont destinés.
Protéger aussi les entreprises respectueuses des normes
Au-delà de la sécurité des consommateurs, la réforme vise à assainir le commerce intérieur. L’importation de produits de qualité douteuse crée une concurrence défavorable aux producteurs, distributeurs et importateurs qui supportent le coût du respect des normes.
« Notre ambition, c’est de pouvoir construire un marché plus crédible où les opérateurs respectueux des règles ne seront plus pénalisés par la concurrence des produits de qualité douteuse », a déclaré Abdoulaye Seydou.
L’application effective des normes pourrait ainsi mieux sécuriser les transactions commerciales et renforcer la confiance dans les produits vendus sur le marché nigérien. Le contrôle de certaines marchandises sensibles doit également contribuer à limiter leurs effets potentiels sur l’environnement.
Une réforme qui ne doit pas ralentir les importations
Le ministre a assuré aux opérateurs économiques que le programme n’avait pas vocation à freiner leurs activités ni à ériger de nouveaux obstacles aux importations. Leur collaboration sera toutefois indispensable, notamment pour la présentation des documents et justificatifs nécessaires à la vérification de la conformité.
La mise en œuvre technique reposera en particulier sur l’Agence nigérienne de normalisation, de métrologie et de certification, l’ANMC, en coordination avec la douane et les autres services compétents. Ces structures devront informer les professionnels, répondre à leurs préoccupations et faciliter la compréhension des procédures.
Plusieurs questions pratiques restent néanmoins déterminantes : les délais d’inspection, les éventuels coûts, la disponibilité des moyens techniques et la capacité des services à éviter l’immobilisation prolongée des marchandises.
Un premier test dans les bureaux de douane de Niamey
Pour justifier le renforcement des contrôles, Abdoulaye Seydou a également évoqué les alertes circulant sur la qualité de certains produits importés. Il a notamment cité le cas récent d’un sel présenté comme destiné à la consommation, alors qu’il aurait été recommandé pour des usages chimiques, notamment dans le secteur minier. Aucun élément supplémentaire sur ce produit n’a toutefois été communiqué lors de la rencontre.
La phase pilote de Niamey permettra donc d’évaluer l’efficacité du dispositif avant sa généralisation. Sa réussite dépendra autant de la capacité à détecter les marchandises non conformes que de la clarté et de la rapidité des procédures imposées aux opérateurs.
Pour les consommateurs, la réforme doit apporter une meilleure garantie sur la qualité des produits achetés. Pour les entreprises respectueuses des règles, elle devra surtout instaurer une concurrence plus équitable, sans créer de nouveaux blocages dans les échanges commerciaux.
Boubacar GUEDE (Nigerdiaspora)

