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Pétrole : le Niger accélère l’exploration de Kafra et précise son potentiel

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Le projet pétrolier Kafra, dans le nord du Niger, entre dans une nouvelle phase d’exploration avec une campagne de quatre forages prévue sur deux ans. Lors d’un point de presse consacré au projet, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a tenu à clarifier la portée des chiffres avancés autour de ce bloc stratégique : le potentiel est important, mais toutes les ressources évoquées ne constituent pas encore des réserves disponibles à la production.

Situé dans la région d’Agadez, entre les départements d’Iférouane et de Bilma, à environ 85 kilomètres de la frontière algérienne, le bloc Kafra couvre une superficie de 11 467 km². Les recherches pétrolières dans cette partie du Niger remontent aux années 1970, avec notamment les forages de Séguédine 1 en 1974 et Tifra 1 en 1975.
La coopération avec l’Algérie a pris une nouvelle dimension avec l’arrivée de SIPEX, filiale du groupe SONATRACH, sur le bloc en 2005. Depuis, environ 2 205 kilomètres de données sismiques 2D et 760 km² de sismique 3D ont été acquis, traités et interprétés.

255 millions de barils estimés à Kafra 1
Selon les précisions apportées lors du point de presse, les réserves 2P associées à la découverte de Kafra 1 ont été estimées en 2018 à environ 255 millions de barils.
Un réservoir distinct d’huile lourde, dont les volumes sont estimés à près de 168 millions de barils, a également été identifié. Sous réserve des études de caractérisation et de faisabilité, cette huile pourrait notamment alimenter une unité de production de bitume et contribuer à répondre aux besoins nationaux et régionaux en matière routière.
En 2019, le puits Kafra Nord 1 a par ailleurs révélé un réservoir d’huile paraffinique présentant un intérêt potentiel pour les industries pharmaceutiques et pétrochimiques. Ce réservoir n’a toutefois pas encore fait l’objet d’une évaluation quantitative définitive.

2,5 milliards de barils : un potentiel qui reste à confirmer
Le chiffre le plus important concerne la partie nord du bloc. Une étude prospective réalisée en 2023 y a estimé les ressources prospectives à environ 2,5 milliards de barils.
Le ministère appelle cependant à la précision : ces 2,5 milliards de barils ne constituent pas des réserves prouvées ni du pétrole immédiatement disponible à la production. Il s’agit de ressources prospectives qui doivent encore être confirmées par les forages et qui demeurent soumises aux incertitudes géologiques et aux risques inhérents à l’exploration.
Cette distinction entre réserves 2P, ressources contingentes et ressources prospectives est essentielle pour apprécier avec rigueur le potentiel réel de Kafra.

Quatre puits pour mieux mesurer le potentiel
La nouvelle campagne prévoit le forage de quatre puits d’exploration sur deux ans. Le premier, Kafra Sud-Est 1, doit atteindre une profondeur prévisionnelle d’environ 3 900 mètres.
Ces forages doivent permettre de compléter les données disponibles, de mieux caractériser les réservoirs, d’en confirmer la productivité et d’évaluer plus précisément le potentiel du bloc. C’est sur la base de ces résultats que pourra ensuite être appréciée la viabilité économique d’un éventuel développement.
Le gouvernement entend communiquer les volumes officiels actualisés lorsque les résultats des forages et les évaluations techniques et économiques auront été consolidés, certifiés et validés conformément aux normes de l’industrie pétrolière.
La période de prorogation de l’autorisation d’exploration court jusqu’au 3 juillet 2028.
SIPEX, opérateur du projet, a confié l’exécution des travaux de forage à ENAFOR, filiale de SONATRACH spécialisée dans ce domaine. ENAFOR travaille au Niger en partenariat avec ETRAP, filiale de la SONIDEP dédiée aux opérations de forage pétrolier.

Pas encore de date pour le premier baril
Malgré l’importance du potentiel identifié, le passage à la production n’est donc pas encore acquis.
« Il serait prématuré de donner aujourd’hui une date certaine du premier baril », a indiqué le ministre du Pétrole.
La production dépendra notamment des résultats des forages, de la confirmation des volumes, de la productivité des réservoirs, de la faisabilité technique et économique, des infrastructures nécessaires ainsi que du financement.
Le message des autorités est ainsi de progresser rapidement, tout en respectant les différentes étapes nécessaires à la transformation d’une découverte pétrolière en projet économiquement viable.

Au-delà des barils, un enjeu de création de valeur nationale
Pour le Niger, l’enjeu de Kafra ne se limite pas au nombre de barils potentiellement présents dans le sous-sol.£
Le projet est également appelé à devenir un levier de création de valeur nationale, à travers les emplois, les recettes, le développement et le transfert de compétences, le renforcement des capacités nationales et les opportunités offertes aux entreprises et aux travailleurs nigériens.
Cette perspective s’inscrit dans le cadre d’une coopération énergétique renforcée avec l’Algérie et de la volonté de faire du développement des ressources pétrolières un instrument au service de l’économie nationale.
Kafra représente ainsi une perspective importante pour l’avenir énergétique et économique du Niger. La campagne en cours doit précisément permettre de passer des estimations à une connaissance plus fine du sous-sol.

Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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