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Niger : le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine plaide pour un meilleur financement des PME africaines

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Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a plaidé pour une meilleure adaptation des mécanismes internationaux de financement aux réalités économiques des pays africains confrontés aux conflits et à la fragilité, à Bangkok, en Thaïlande, dans le cadre des Assemblées annuelles 2026 de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), organisées du 12 au 18 octobre 2026. Lors d’une rencontre consacrée au développement des petites et moyennes entreprises (PME), il a appelé la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) à faciliter l’accès des banques locales aux mécanismes de garantie et à renforcer le partage des risques pour soutenir l’entrepreneuriat.

Le développement des petites et moyennes entreprises dans les pays touchés par les conflits était au centre d’une rencontre internationale organisée autour du thème « Stimuler le développement des petites et moyennes entreprises dans les pays fragiles victimes de conflits ». Les échanges ont réuni des représentants de plusieurs pays, des institutions internationales et des organismes engagés dans le soutien aux initiatives économiques locales.

Prenant part aux discussions, le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a mis en avant les difficultés de financement auxquelles se heurtent les entrepreneurs africains, malgré les dispositifs mis en place par les États pour encourager la création d’entreprises.

Au Niger, plus de 8 300 nouvelles entreprises annoncées en 2026
Pour illustrer les efforts entrepris au Niger, le chef du gouvernement a présenté plusieurs données relatives au tissu entrepreneurial national.

Selon les chiffres qu’il a communiqués, le pays compte 153 668 entreprises. Il a notamment fait état de 149 188 petites entreprises, 3 945 moyennes entreprises et 128 grandes entreprises. Il a également annoncé la création de 8 353 nouvelles entreprises en 2026.

Le Premier ministre a rappelé les mesures adoptées par le gouvernement pour favoriser l’investissement privé, notamment les dispositions relatives au contenu local et les aménagements du Code des investissements ouvrant droit à certains avantages fiscaux.
Ces initiatives visent à encourager la création et le développement des activités économiques. Toutefois, pour le chef du gouvernement, la multiplication des entreprises ne peut produire pleinement ses effets sans un accès adapté aux ressources financières.

Le partage des risques bancaires au cœur du plaidoyer nigérien
Ali Mahaman Lamine Zeine a particulièrement insisté sur les difficultés rencontrées par les petites entreprises pour obtenir des crédits auprès des banques commerciales.
Selon son analyse, les exigences prudentielles et l’insuffisance des garanties présentées par les entrepreneurs conduisent les établissements bancaires à privilégier les titres publics plutôt que le financement d’activités privées jugées plus risquées.

Face à cette situation, il a appelé les institutions financières internationales à revoir leurs mécanismes d’intervention afin de permettre aux banques africaines de participer davantage au financement des PME.
Le Premier ministre a notamment interrogé les conditions d’accès aux guichets de financement de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, estimant qu’elles demeurent particulièrement contraignantes pour de nombreux opérateurs privés africains.

Il a défendu la nécessité d’un partage plus équilibré des risques entre les institutions internationales et les banques locales, afin de faciliter l’octroi de crédits aux entrepreneurs.

L’agriculture et la transformation locale comme priorités
Le chef du gouvernement a également présenté le développement agricole comme l’un des principaux axes du programme de refondation engagé au Niger.
Il a souligné l’importance de soutenir les producteurs, non seulement dans leurs activités agricoles, mais aussi dans la transformation et la commercialisation de leurs productions.
Cette orientation vise à renforcer la valeur ajoutée créée localement, à améliorer les revenus des populations et à favoriser l’émergence d’entreprises intervenant dans les différentes étapes des filières agricoles.

Pour le Premier ministre, la valorisation des ressources nationales constitue ainsi un levier essentiel de développement économique, à condition que les producteurs et les entrepreneurs puissent accéder aux financements nécessaires.

L’AES mise sur ses propres initiatives économiques
Évoquant la coopération entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), Ali Mahaman Lamine Zeine a également fait référence à une institution commune récemment créée pour accompagner les initiatives de développement des trois pays.
Il a exprimé l’espoir que cette structure puisse bénéficier de l’appui de la Banque mondiale et d’autres partenaires afin de soutenir les activités économiques et de contribuer à la valorisation des ressources naturelles.

Les discussions ont également permis de partager des expériences menées dans d’autres pays confrontés à des situations difficiles. Un projet entrepreneurial dans le domaine de l’énergie solaire au Yémen a notamment été présenté, tandis que la République centrafricaine a exposé ses stratégies d’accompagnement des entreprises émergentes.

La Banque mondiale a, pour sa part, exprimé sa volonté de soutenir les initiatives de développement des PME, notamment celles susceptibles d’améliorer les perspectives économiques des jeunes.
Au-delà des engagements exprimés, la question demeure celle de leur traduction en mécanismes de financement accessibles aux entreprises. Pour le Niger comme pour les autres pays concernés, l’enjeu est de permettre aux initiatives entrepreneuriales de se développer durablement, de créer des emplois et de contribuer à la transformation des économies locales.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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