Niger - FMI : accord technique pour un nouveau programme de 203 millions de dollars, croissance prévue à 7 % en 2026

Le Niger et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau des services techniques sur la dernière revue du programme économique en cours et sur un nouveau programme financier de 38 mois, représentant environ 203 millions de dollars. À l’issue d’une mission conduite à Niamey du 28 septembre au 8 octobre 2026, l’institution internationale confirme ses prévisions d’une croissance économique de 7 % pour le Niger en 2026, portée notamment par l’agriculture et les activités extractives. L’accord reste soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI.
Les conclusions des discussions ont été présentées jeudi 8 octobre au Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, lors d’une audience accordée à une délégation du FMI conduite par Julia Bersch, cheffe de mission pour le Niger au département Afrique de l’institution.
Cette rencontre intervient au terme de travaux consacrés à la dixième et dernière revue du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), aux perspectives d’un nouveau programme et aux consultations économiques menées au titre de l’article IV des statuts du FMI.
À l’issue de l’audience, le ministre nigérien de l’Économie et des Finances, Maman Laouali Abdou Rafa, a fait état d’une amélioration de la situation macroéconomique et financière du pays, soulignant la croissance attendue, l’évolution favorable de l’inflation et la consolidation du secteur financier.
Une croissance de 7 % attendue en 2026
Selon les projections publiées par le FMI le 8 octobre, l’économie nigérienne devrait enregistrer une croissance de 7 % en 2026, puis de 6,7 % en 2027. À moyen terme, le rythme annuel de progression du produit intérieur brut (PIB) réel est estimé à environ 6,1 %.
Cette dynamique devrait être principalement soutenue par les performances du secteur agricole et des industries extractives, ainsi que par l’investissement public.
Sur le front des prix, le FMI prévoit une inflation moyenne de −2,5 % en 2026, avant un retour à 2,2 % en 2027. Ces projections traduisent une évolution globalement favorable des prix, même si les coûts de transport et certains produits importés continuent de peser sur les ménages les plus vulnérables.
Un nouveau programme financier de 203 millions de dollars
L’une des principales avancées des négociations concerne l’accord technique sur un nouveau programme de 38 mois au titre de la Facilité élargie de crédit.
Le financement envisagé représente 150,02 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 203 millions de dollars.
Parallèlement, l'achèvement de la dernière revue du programme actuel et l'approbation du nouveau dispositif pourraient permettre un décaissement d'environ 36 millions de dollars, destiné à contribuer aux besoins de financement extérieur du Niger et à soutenir la mise en œuvre des réformes économiques.
Ces montants ne constituent cependant pas des financements déjà décaissés. Leur mobilisation reste conditionnée aux décisions du Conseil d’administration du FMI, dont l’examen est attendu début décembre 2026.
Des progrès reconnus dans la gestion économique et les réformes
Au cours de la mission, les services du FMI ont relevé les progrès réalisés par le Niger dans la mise en œuvre de son programme économique.
L’institution estime que le programme en cours a contribué à préserver la stabilité macroéconomique et à améliorer les équilibres budgétaires et extérieurs, malgré un environnement marqué par des chocs économiques importants.
Les résultats obtenus au regard des objectifs fixés à fin juin 2026 ont été jugés solides.
Le déficit budgétaire devrait néanmoins atteindre 3,4 % du PIB en 2026, notamment en raison des dépenses de reconstruction consécutives aux catastrophes naturelles et des mesures de soutien aux populations vulnérables.
Le FMI souligne également la contribution des recettes pétrolières à l’amélioration des comptes extérieurs et budgétaires, ainsi que la poursuite des efforts d’apurement des arriérés de paiement intérieurs et extérieurs.
Pour le ministre Maman Laouali Abdou Rafa, ces résultats témoignent des effets des réformes engagées dans le cadre du Programme de Refondation de la République.
La cheffe de mission du FMI, Julia Bersch, a pour sa part salué les progrès accomplis dans les réformes structurelles et réaffirmé la volonté de l’institution d’accompagner les efforts du gouvernement nigérien.
Stabilité financière et mobilisation des ressources au cœur des prochaines réformes
Le nouveau programme envisagé devrait prolonger les efforts de stabilisation macroéconomique tout en accompagnant la stratégie nationale de développement pour la période 2025-2029.
Les priorités identifiées comprennent notamment le renforcement de la mobilisation des recettes publiques, la préservation de la soutenabilité de la dette, l’amélioration de la gestion des finances publiques et la consolidation de la stabilité financière.
Une attention particulière est également accordée au développement du secteur privé, notamment à travers le renforcement des capacités de financement des petites et moyennes entreprises.
Ces orientations visent à créer les conditions d’une croissance plus diversifiée et inclusive, au-delà des performances des secteurs agricole et extractif.
Des perspectives favorables, sous réserve de la poursuite des réformes
L’accord conclu à Niamey constitue une étape importante dans les relations économiques et financières entre le Niger et le FMI.
Il intervient dans un contexte où les projections de croissance restent favorables, mais où la consolidation des finances publiques et la maîtrise des risques économiques demeurent essentielles.
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, l’un des principaux enjeux pour le Niger sera de transformer cette dynamique de croissance en retombées économiques durables, notamment en matière d’investissement productif, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations.
La prochaine étape sera l’examen des accords par le Conseil d’administration du FMI, attendu en décembre 2026. Sa décision déterminera les conditions de poursuite de l’appui financier de l’institution au programme économique nigérien.
Sources : Fonds monétaire international, communiqué officiel du 8 octobre 2026 ; déclarations du ministre nigérien de l’Économie et des Finances et de la cheffe de mission du FMI à Niamey, le 8 octobre 2026.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

