ONU : l’AES présente et défend ses positions devant des partenaires internationaux

En marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont présenté à New York leur lecture des défis sécuritaires et économiques du Sahel. Lors d’un événement consacré à la Confédération des États du Sahel (AES), leurs représentants ont défendu une coopération fondée sur les priorités définies par les trois pays.
La Confédération des États du Sahel a choisi la tribune de New York pour expliquer sa démarche à des représentants de pays et d’organisations internationales. Présidée par le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, la rencontre était consacrée à la « sécurité et au développement au Sahel : cas des États de la Confédération AES ».
Avant les échanges, un film a présenté les actions menées par les trois pays dans les domaines du développement et de la lutte contre le terrorisme. Les interventions qui ont suivi ont porté sur la manière dont l’AES souhaite être comprise par ses partenaires et sur les conditions dans lesquelles elle entend coopérer avec eux.
« Comprendre la dynamique sahélienne »
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a replacé la création de la Confédération dans le contexte de l’insécurité qui touche les trois pays depuis plusieurs années. Selon lui, une réponse durable suppose d’abord une compréhension commune des réalités vécues au Sahel.
Il a ainsi appelé les partenaires internationaux à accorder davantage de place à la parole des États sahéliens dans l’analyse de la crise et dans la recherche de solutions. Son intervention s’inscrit dans la volonté affichée par l’AES de présenter elle-même ses priorités et ses choix politiques.
Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a précisé que la Confédération n’avait pas été créée contre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il a réaffirmé la volonté des trois pays de maintenir des relations de coopération et de bon voisinage avec les autres États africains, dans un esprit qu’il a qualifié de panafricain.
Le Togo insiste sur la sécurité de toute la région
Parmi les intervenants, le ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur Robert Dussey, a exprimé le soutien du Togo aux États du Sahel. Il a souligné que la situation sécuritaire sahélienne concerne aussi les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, exposés aux répercussions de l’instabilité dans la région.
Des représentants d’autres pays, notamment du Maroc, du Congo, de l’Algérie et de la Russie, ont également été mentionnés parmi les participants. La rencontre a ainsi offert à l’AES l’occasion d’exposer directement ses positions à plusieurs interlocuteurs internationaux.
Sur le volet économique, Karamoko Jean-Marie Traoré a mis en avant les résultats de croissance annoncés pour les trois pays malgré l’insécurité. Il a surtout insisté sur une condition posée par la Confédération : les partenariats engagés dans l’espace AES devront, selon lui, tenir compte de la vision commune des trois États et de leurs politiques nationales.
Cette rencontre prolonge la concertation menée par les chefs de la diplomatie burkinabè, malienne et nigérienne avant leurs interventions à l’Assemblée générale. Elle traduit leur volonté de porter une parole commune sur le Sahel, tout en laissant ouverte la coopération avec les pays qui souhaitent travailler avec la Confédération.
Source : RTN
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

