CCR : l’OPVN et la CAIMA présentent les enjeux de la sécurité alimentaire au Niger

La réserve alimentaire de sécurité compte 24 549 tonnes de céréales au 30 septembre et doit être portée à 63 834 tonnes grâce à une commande en cours. Auditionnés lundi par le Conseil Consultatif de la Refondation, les directeurs généraux de l’OPVN et de la CAIMA ont aussi alerté sur une soudure 2027 qui s’annonce précoce et difficile.
Le volet agricole de la session extraordinaire du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) a donné lieu, ce lundi 5 octobre 2026, à deux communications très attendues devant la plénière : celle du Directeur général de l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN), le colonel Ali Amadou, et celle du Directeur général de la Centrale d’Approvisionnement des Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA), Dr Issoufou Baoua.
Réserve alimentaire : 24 549 tonnes en stock
Selon le colonel Ali Amadou, l’OPVN dispose, à la date du 30 septembre, de 24 549 tonnes de céréales au titre du stock de la réserve alimentaire de sécurité (RAS). Ce stock se compose de 22 850 tonnes de riz et de 1 699 tonnes de céréales sèches (mil, maïs et sorgho).
Le Directeur général de l’OPVN a également précisé les besoins des Forces de Défense et de Sécurité pour la fin de l’année : « Le ravitaillement des FDS pour les mois d’octobre à décembre est estimé à 4 500 tonnes dont 1 700 tonnes de céréales sèches et 2 800 tonnes de riz », a-t-il indiqué.
Une commande de 43 785 tonnes pour reconstituer la RAS
Pour renforcer la réserve, une importante acquisition est en cours. « Dans le cadre de la reconstitution de la RAS, une commande de 43 785 tonnes dont 34 285 tonnes de céréales sèches et 9 500 tonnes de riz est en cours d’acquisition, ce qui permettra d’avoir un stock disponible de 63 834 tonnes de céréales sur le compte de la RAS », a annoncé le colonel Ali Amadou.
CAIMA : « l’urgence n’est plus seulement de soutenir la production actuelle »
Le Directeur général de la CAIMA a, pour sa part, placé son intervention sous le signe de l’anticipation. La période de soudure s’annonce en effet difficile, en raison de la mauvaise répartition des précipitations au cours de la saison.
« Compte tenu du risque de dégradation simultanée des productions agricoles et des conditions pastorales, l’urgence n’est plus seulement de soutenir la production actuelle, mais de préserver la capacité productive des prochaines campagnes agricoles irriguées et pluviales et la soudure pastorale 2027 qui s’annonce précoce et difficile », a déclaré Dr Issoufou Baoua.
Un « paquet minimum de résilience » à sécuriser dès maintenant
Pour y faire face, le Directeur général de la CAIMA plaide pour la sécurisation immédiate d’un « paquet minimum de résilience ». Celui-ci comprend des semences résilientes, des engrais ciblés, la protection phytosanitaire, des aliments pour bétail, le transport et la logistique, ainsi qu’un financement d’urgence.
« Cette approche permettrait de réduire les pertes immédiates, préserver le cheptel, maintenir les capacités de production des ménages et éviter que la perturbation de la campagne 2026 ne se transforme en crise alimentaire et pastorale majeure en 2027 », a souligné Dr Issoufou Baoua.
Source : ANP
La Rédaction - Nigerdiaspora.net

